Chacun a là, dans ce petit coin de terre, un de ses bien-aimés qui dort, de ce que l'on appelle ordinairement: le dernier sommeil. L'un pleure une épouse, l'autre des enfants, une mère chérie, un père vénéré... La mort implacable a fauché partout, dans l'humble chaumière de l'artisan comme dans la maison du bourgeois, chez le riche comme chez le pauvre, chez le patron comme chez l'ouvrier. Elle a visité tour à tour toutes les maisons du village. Visiteuse indésirée, les portes ont dû cependant s'ouvrir toutes grandes devant elle. Le plus souvent, elle a d'abord envoyé sa carte de visite: la maladie, les cheveux blancs, les infirmités. En recevant cette carte, on barricade la porte et toutes les issues. On apporte aux êtres aimés les soins les plus touchants et les plus éclairés pour éloigner sinon conjurer la menace. On fait appel aux plus capables défenseurs de la pauvre humanité: médecins, chirurgiens. Toutes les capacités sont mises à contribution. Inutile. Quand le moment est voulu de Dieu, la mort s'approche à pas lents de l'être aimé. Ses pieds sont sur le seuil de la maison. Rien ne l'arrêtera plus. Elle a atteint son but. Et c'est pour cela, qu'en ce jour si plein de douloureux souvenirs, vous avez porté vos pas vers ce lieu, où reposent ceux que la mort, sourde à vos prières, a ravi à jamais à votre affection